Colloque Enfants en décolonisation

Ce colloque du programme ANR EN-MIG  – Enfants en décolonisation : migrations contraintes et construction individuelle (France, 1945-1980), organisé à l’Université d’Angers par l’UMR TEMOS, le Pôle universitaire ligérien d’études sur l’enfance-jeunesse  et sa chaire ‘Parole et pouvoir d’agir des enfants et des jeunes’ a pour objectif de restituer des résultats du programme EN-MIG qui porte sur le cas français et d’amorcer une comparaison et un dialogue avec les autres empires coloniaux et les territoires qui ont connu des migrations contraintes d’enfants en contexte de décolonisation.

Cliquer ici pour consulter le programme et la présentation des intervenant·es.

Révolution[S]

Les Rencontres du XIXe siècle qui réunissent des jeunes chercheuses et chercheurs, issu.e.s de différentes universités et appartenant à tous les champs historiographiques, auront lieu au Mans les  5 et 6 juin 2024, avec le soutien du laboratoire TEMOS (CNRS UMR 9016) et de Le Mans Université, et porteront sur la thématique « Révolution(s) ».

La leçon inaugurale sera prononcée par Emmanuel Fureix, professeur d’histoire contemporaine à l’UPEC.

Ces rencontres, établies pour discuter d’une notion spécifique, existent depuis 2019 avec le concours de la Société d’histoire de la révolution de 1849 et des révolutions du XIXe siècle. Il y eut d’abord « Petites et Grandes Rencontres » (Paris, 2019), puis « Populaire » (Toulouse, 2021), « Nature » (Dijon, 2022) et « Progrès » (Lille, 2023).

Les communications seront retransmises en direct via le lien suivant: https://univ-lille-fr.zoom.us/j/96947519305?pwd=Smx5emtrdm9zL2FSZUVTV0w5NHlzdz09

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Mercredi 5 juin 2024

Salle Pierre Belon de la Bibliothèque Universitaire (BU).

10h00 : Accueil.
10h30 : Ouverture et mots de bienvenue du comité d’organisation et scientifique.
10h45-12h : Conférence d’ouverture par Emmanuel Fureix (Univ. Paris-Est Créteil, CRHEC)
12h-12h30 : Discussion.

12h30-13h30 : Repas

13h30-14h30 – Session 1 : Fils et filles de la Révolution

Modération : Karl Zimmer

  • Chloé Chatrian (Univ. Paris I Panthéon-Sorbonne, CHXIX) :« « De Barra, de Viala, le sort nous fait envie », les enfants-combattants en Révolution. »

  • Margherita Acciaro (Univ. di Pisa/Univ. Paris Est- Créteil, CRHEC) :« Les enfants se sont battus comme des hommes, les hommes comme des géants. Pratiques et représentations de l’enfance dans deux contextes révolutionnaires : les Trois Glorieuses et les « Cinque Giornate ». »

Pause : 15 minutes.

14h45-15h45 – Session 2 : Surveiller et punir en Révolution

Modération : Pierre-Louis Poyau

  • Félix Brêteau (Univ. de Caen, HisTeMé/Univ. de Lille, IHRIS) :
    « Révolutionner la police ? Le cas des enquêtes de police, Caen, 1791-1799. »

  • Giulia Corrado (ENS di Pisa et univ. Paris I Panthéon-Sorbonne, IHMC-IHRF) :
    « Le Procès de la conspiration, dite républicaine, de décembre 1830. Usages politiques du discours sur le complot. »

Pause : 15 minutes.

16h00-17h30 – Session 3 : Des révolutions par le bas ?

Modération : Claudia Costa Cantos

  • Théo Behra (Univ. de Strasbourg, ARCHE) :
    « Contre l’État fiscal : révoltes et économie souterraine. Les crises et transitions politiques comme catalyseurs. Étude de cas sur le Bas-Rhin. »

  • Thomas Caubet (Univ. Paris Cité, ICT) et Étienne Hudon (Univ. du Québec à Montréal et univ. Paris Cité, ICT) :
    « Micro-histoires et révolution : lectures croisées de la Commune de Paris de 1871. »

20h : Dîner.

Jeudi 6 juin 2024

Salle Bleue (R101) de la Maison des Sciences de l’Homme (MSH)

9h00 : Accueil.

9h30-10h30 – Session 4 : Peindre et dépeindre la Révolution

Modération : Samy Bounoua

  • Marie Clemenceau (Univ. Paris I Panthéon-Sorbonne, HiCSA) :
    « Les artistes révolutionnaires et les paysans au Salon de peinture de 1848. »

  • Alix Stéphan (univ. Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, LLCP) :
    « Repenser les temps révolutionnaires avec Arthur Rimbaud. »

Pause : 15 minutes.

10h45-11h45 – Session 5 : Extension du domaine de la révolution

Modération : François Robinet

  • Sophie Panziera (Univ. Bretagne Sud, Temos) :
    « Révolution politique et révolution du quotidien : l’exemple du sommeil (1789-1871). »
  • Florian Mathieu (Univ. Paris-Saclay, EST) :
    « Révolution au nom de la Science et sciences au service de la Révolution (1871-1914). »

Pause : 15 minutes.

11h45-12h45 – Session 6 : Héritages révolutionnaires

Modération : Thibault Montbazet

  • Gerard Serralabós (Univ. de Barcelona, GREECS) :
    « The eclipse of « fraternité » and the dawn of « solidarité » during 19th century French revolutions. »

  • Michele Magri (Univ. di Padoue et EHESS, CERMA) :
    « Commémorations transatlantiques. Mémoire révolutionnaire et activisme politique parmi les exilés italiens aux États-Unis (1830-1860 env.). »

12h45 : Conclusions générales et clôture.

Réinventer les relations aux usagers des archives

Journée de recherche-action-formation organisée en clôture du programme de recherche 2RU – Reconfiguration des rapports aux usagers – mené par l’université d’Angers et l’UMR CNRS 9016 TEMOS avec le soutien du Service interministériel des Archives de France.

Le projet 2RU porte sur la reconfiguration des rapports aux usagers dans un contexte de diversification des demandes sociales, de confirmation ou d’émergence de nouvelles formes de communication aux publics, sur fond d’amélioration continue des services publics. Il comporte trois axes : politiques des services ; relations des usagers dans leurs demandes ;  offre des services et territoires. Il bénéficie d’une subvention de recherche du ministère de la Culture via le Service interministériel des Archives de France (2021-2024).

A partir d’un état de l’art bibliographique et documentaire l’équipe du programme a commencé par mener un travail de recensement pour aboutir à une cartographie des actions et outils disponibles. Divers services ont été identifiés pour réaliser une enquête qualitative à travers des entretiens, des temps d’observation non-participante et des questionnaires ciblés. Cette collecte de données est à présent mise à disposition sur une base de données en accès ouvert sur Heurist.

Avant la publication du rapport final, cette journée de recherche-formation-action vise à partager le bilan de ce projet. La matinée sera consacrée à la restitution du programme de recherche et à des interventions thématiques en lien avec ses conclusions.  L’après-midi débutera par une table ronde sur les dispositifs innovants dans la relation aux usagers des archives et se poursuivra sous forme d’ateliers avec les participants.

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L’inscription en ligne est obligatoire, au tarif de 20 euros (repas inclus).

Contact : journee_2RU@contact.univ-angers.fr

De la mer à la ville : espaces urbains, maritimité et savoirs

Dans le cadre du programme de recherche Mondo 500 : le monde dans une péninsule (École française de Rome, 2022-2026), le colloque de Lorient invite à interroger les espaces urbains dans leurs rapports à la mer, à commencer par ceux des trois villes centrales au programme — Rome, Venise et Naples—, plus ou moins tournées vers la mer et, au-delà, vers le monde.

Galleria delle Carte Geografiche (musée du Vatican), © Antonella Romano

Le colloque cherche ainsi à interroger l’idée de « maritimité urbaine », autrement dit, à ouvrir ou réouvrir une réflexion sur l’impact et l’importance des milieux maritimes et de littoraux sur les configurations spatiales et les institutions des villes et des ports, sur la fabrique des objets et des savoirs ainsi que sur la typologie sociale que ces environnements façonnent. La maritimité en tant que « problème » et la mer et l’océan en tant qu’échelle d’analyse ouvriront ainsi la discussion pour mettre en perspective les villes de la péninsule italienne et d’autres parties de ce Mondo 500, profondément transformé par son rapport à la mer, afin de saisir la complexité et la particularité de chaque situation urbaine et d’offrir des éléments de comparaison à la réflexion.

Ces espaces urbains ont pour point commun d’être situés à la croisée de la mer, de la ville et du port, voire d’être des villes portuaires maritimes ou fluviales, autant de lieux qui sont à la fois pris entre les dynamiques d’un arrière-pays parfois enclavé et d’un avant-pays ouvert sur l’horizon. C’est par le biais de ces contacts « maritimes », qui permettent (de manière privilégiée, probablement) de penser à la globalité du monde à l’époque moderne, que s’y mêle une variété d’acteurs, de savoirs et d’objets.

Le colloque propose d’explorer la complexité du monde urbain et de ces dynamiques à travers le prisme des agencements spatiaux, des réaménagements savants et matériels et des déplacements communautaires ou individuels que cette « maritimité » induit. Comment comprendre ou reprendre, à nouveaux frais, cette notion par rapport à une historiographie existante et à l’aune des nouveaux chantiers de recherche en cours dans une démarche critique d’histoire globale ?

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Cultures techniques et maritimes

Sylviane Llinares a effectué la totalité de sa carrière à l’Université Bretagne Sud. Collègue chaleureuse et énergique, douée d’un sens aigu du collectif, elle s’est engagée avec passion dans son métier d’enseignante-chercheuse ainsi que dans la défense de l’enseignement universitaire. Sylviane a joué un rôle déterminant dans la création de l’UMR TEMOS et a été directrice du GIS d’Histoire et Sciences de la mer qui est devenu un réseau de recherche interdisciplinaire de référence dans la communauté maritime. Investie localement pour porter haut les couleurs de l’histoire maritime à l’échelle du département d’Histoire, de l’UBS et de la région Bretagne, elle a bénéficié très vite d’une reconnaissance scientifique nationale et internationale grâce à son dynamisme (nombreuses publications et participations à des colloques) et son fort investissement dans le projet européen Asia Link. Maritimiste et fière de l’être, Sylviane a développé des thématiques fortes autour des sciences et techniques, de la diffusion des savoirs, des politiques maritimes, des ressources maritimes et littorales et a coanimé l’axe 2 de TEMOS « Ressources biologiques et construction des savoirs : circulations et usages ».

Le colloque organisé par l’UMR TEMOS et l’UBS à Lorient les 19 et 20 septembre 2024 a pour but de lui rendre hommage et de réunir toutes celles et tous ceux qui l’ont connue et ont pu apprécier les qualités scientifiques mais aussi l’humanité de celle qui était une femme de sciences animée par la curiosité et l’ouverture d’esprit. Dans « Portrait de femme » publié sur le portail de l’UBS, Sylviane répondait à la question « Qu’est-ce qui vous émeut ? : La musique, compagne de toute une vie, l’océan, la générosité, l’amitié et la loyauté ».
(www.univ-ubs.fr/fr/actualites/actualites/tous-les-itineraires/portrait-de-femme-sylviane.html)

Le colloque sera structuré autour de 3 axes :
1) Histoire maritime ;
2) Ressources biologiques et construction des savoirs ;
3) Histoire des sciences et des techniques.

Comité scientifique :
Hélène Vu Thanh, Université Bretagne Sud ;
Nathalie Richard, Le Mans Université ;
Cristiana Pavie, Université d’Angers ;
Philippe Hrodej, Université Bretagne Sud ;
Liliane Hilaire-Perez, École des Hautes Études en Sciences Sociales ;
Dominique Frère, Université Bretagne Sud ;
Christophe Cerino, Université Bretagne Sud.

Publication :
Les actes du colloque seront publiés aux PUR au premier semestre 2026. Les textes seront demandés pour la fin du mois d’octobre 2024.

L’intitulé et le résumé (environ 300 mots) des communications, sont à envoyer avant le 29 février 2024 à l’adresse : dominique.frere@univ-ubs.fr

 

Crédits photos: UBS Service communication

Vases miniatures en contexte. Fonctions et usages

Colloque international
Université de Lille, 25-27 septembre 2024
Appel à communication

Ce colloque organisé par le programme ANR GEPRICO se propose d’apporter des éléments de réflexion sur une catégorie particulière de vaisselle bien connue des archéologues mais qui pose de nombreux problèmes d’interprétation : les vases miniatures.
La pratique de la miniaturisation est universelle, concernant une vaste gamme de matériel (utilitaire, ludique, esthétique, symbolique, religieux) et des matériaux diversifiés (métal, pierre, bois, vannerie, céramique). Dans les nécropoles et les sanctuaires protohistoriques et antiques, les objets miniatures peuvent être nombreux avec parfois des caractéristiques techniques et/ou des contextes archéologiques permettant de cerner leur statut symbolique et leurs fonctions rituelles. Ainsi, certains objets, qualifiés d’offrandes par destination, n’ont été fabriqués que pour être offerts aux divinités ou aux défunts. Dans la plupart des cas l’incertitude demeure, l’acte de miniaturiser n’étant pas systématiquement relié à la volonté d’offrir. Par exemple, des contenants miniatures non évidés, donc démunis de la fonction utilitaire de leurs modèles de plus grande taille, peuvent avoir eu des usages variés (esthétique, apotropaïque, magicothérapeutique, ludique, technique), d’autant plus quand ils sont mis au jour dans des sites d’habitat et d’artisanat.

Consulter l’appel à communication

Un siècle d’adoption des enfants en France 1923-2023

Il y a 100 ans, en France, l’adoption des mineurs devenait possible par une loi du 19 juin 1923 autorisant la création d’un lien de filiation juridique entre l’enfant adopté et l’adulte adoptant.

Le colloque organisé par Yves Denéchère, Fabio Macédo, l’UMR TEMOS, le Pôle universitaire ligérien d’études sur l’enfance-jeunesse et sa chaire ‘Parole et pouvoir d’agir des enfants et des jeunes’ et le programme ANR EN-MIG  a pour objectif de faire le point sur les connaissances et les problématiques de recherche en sciences humaines et sociales sur un siècle d’adoption d’enfants en France.

Au XIXe siècle, avec le Code civil de 1804, l’adoption était réservée aux adultes. Pour autant, comme dans les périodes antérieures, les pratiques de circulation d’enfants et de prise en charge d’enfants abandonnés, trouvés ou orphelins étaient nombreuses. L’après Grande Guerre est marqué par une prise de conscience de l’enfance à protéger, par l’évolution du diagnostic médical autour de l’infécondité et par des inquiétudes démographiques. Aussi, la loi sur l’adoption des mineurs de 1923, qui crée une filiation additive, est à deux faces : il s’agit, selon les circonstances, d’offrir une famille à un enfant qui en est dépourvu ou d’accorder un enfant à une famille qui n’en a pas, les deux objectifs pouvant se conjuguer.

Un siècle d’adoption

En un siècle, la législation sur l’adoption a évolué avec des étapes importantes qui ont modernisé la pratique et l’ont adaptée aux évolutions de la société. L’adoption a été de plus en plus médiatisée et a engendré de nombreux débats, parfois polémiques. Elle pose en effet de grandes questions relatives, notamment, à la filiation, au faire famille, au gouvernement des populations, au caractère illicite de certaines pratiques, à l’identité et aux origines des premières personnes concernées à savoir les personnes adoptées. À côté des acteurs traditionnels de l’adoption – les adoptants, les intermédiaires, les États –, sont venus s’ajouter plus récemment différentes générations de personnes adoptées qui progressivement ont pris la parole pour s’exprimer sur leur expérience vécue.
À l’échelle transnationale, dans le contexte des guerres, de la décolonisation, de la globalisation, en tant que migration singulière, l’adoption internationale a croisé les grandes questions de l’humanitaire et du développement. Le colloque sera aussi l’occasion de marquer le trentième anniversaire de la convention de La Haye (29 mai 1993) dont l’objectif est de réguler les pratiques de l’adoption internationale dans les pays de départ des enfants comme dans les pays d’arrivée.

Infos pratiques, programme, ressources à retrouver sur le site du colloque (lien).

L’écriture et le travail féministes en revues en France de 1945 à nos jours

Colloque de clôture du projet CollEx Persée Féminismes en revues (FemEnRev)

Affiche colloque FemEnRev

Programme

(télécharger au format pdf)

Mercredi 16 novembre
  • 9h30: Christine Bard, Nathalie Clot et Magali Guaresi, Introduction.
Presses féministes : numériser, archiver, diffuser
  • 10h – 11h: Anne Schneider, « En quête de soi, En quête d’Elles ». Histoires d’elles et les archives de Leïla Sebbar.
  • 11h30 – 12h30: Jenna Lagha et Agnieszka Halczuk, Enjeux éthiques des choix techniques faits pour la Perséide FemEnRev.

Pause déjeuner

 Retours d’expériences des marraines de FemEnRev
  • 14h30 -15h : Marine Gilis, Barbara Meazzi et Nadja Ringart, Les carottes sont cuites et le torchon brûle.
  • 15h15 -15h45 : Françoise Picq et Corinne Welger, La Revue d’en face et Parole !
 La presse féministe en région
  • 16h15 – 17h : Justine Zeller, La presse du MLF en Midi-Pyrénées.
 Jeudi 17 novembre
Masterclasses « Analyser les corpus de presse féministes »
  • 10h -10h45: Magali Guaresi, Approches quantitatives. Le cas de la revue Sorcières. Les femmes vivent.
  • 11h – 11h45: Aisha Bazlamit, Approches qualitatives. Le cas de la littérature et du militantisme dans les écrits journalistiques des femmes (fin 19e-début 20e siècle).

Pause déjeuner

Mémoires et témoignages d’actrices-rédactrices
  • 13h45 – 16h00:
    • Xavière Gauthier, Sorcières. Les femmes vivent.
    • Martine Storti, Histoires d’Elles
    • Judith Ezekiel, La revue d’en face.
    • Anne-Marie Pavillard et Josette Trat, Les Cahiers du féminisme
Traces audiovisuelles du travail féministe en revues
  • 16h15-17h30: Projection et discussion avec Nicole Fernandez Ferrer (Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir) et Catherine Gonnard (INA).

« On bâtissoit et l’on se marioit sans voir les nues prêtes à crever »

Ce colloque organisé par Céline Borello et Laurent Bourquin  entend faire dialoguer spécialistes de la noblesse et du protestantisme pour interroger la complexité de l’entrelacement entre appartenances à la minorité protestante et au second ordre au cours du XVIIe siècle.

Nous souhaitons, tout d’abord, considérer cette période comme un temps d’acclimatation de la noblesse au cadre légal tracé par l’édit de 1598 : un cadre qui se restreint peu à peu, certes, mais qui offre aux nobles réformés, jusqu’à la révocation, une reconnaissance officielle de leur foi et de leur culte. Par ailleurs, nous proposons de reprendre à nouveaux frais la question des prises d’armes nobiliaires, qui ont profondément marqué certaines régions et influé sur la politique royale au cours du premier tiers du XVIIe siècle. Enfin, nous souhaitons étudier les adaptations de la noblesse à une politique de plus en plus hostile aux protestants sous Louis XIV. Différentes formes de soumission, de clandestinité et de rupture seront ainsi appréhendées, par des éclairages singuliers ou des études synthétiques.

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Castrations. Entre histoire et études de genre

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, la castration humaine – qui dans sa définition large concerne une ablation totale ou partielle des organes sexuels et reproducteurs – a fait l’objet de travaux historiques allant des castrations antiques assyriennes ou de la dynastie Chang aux castrations chimiques contemporaines. Des figures singulières ont émergé, comme celle des eunuques ottomans, des castrats italiens ou encore des Skoptzy, témoignant de la grande diversité des pratiques et des motivations, mais aussi de la nature même de la castration opérée.
A la suite de ces premiers travaux – qui ont documenté les dimensions religieuses, politiques, culturelles, socioéconomiques, artistiques, scientifiques ou pénales de la castration –, ce colloque invite à penser, dans un temps long allant de l’Antiquité à la période contemporaine, une histoire des castrations renouvelée par les perspectives des études de genre. S’il valorise une appréhension diachronique de ce phénomène, le colloque est ouvert à une pluralité de regards disciplinaires permettant d’analyser la castration comme un phénomène à la fois vécu et représenté. Il s’agit, sans se limiter non plus à une aire socioculturelle spécifique, d’interroger la manière dont la castration questionne les normes de genre des sociétés où elle est pratiquée, participant ainsi à leurs (re)définitions.

Programme

Colloque Castrations_afficheJeudi 17 novembre 2022 

9h30. Accueil

10h. Nahema Hanafi, Maîtresse de conférences en histoire moderne et contemporaine, Université d’Angers
Introduction. Pour une histoire de la castration

Sexualités

10h20. Jean-Christophe Courtil, Maître de conférences en langue et littérature latines, Université Toulouse Jean-Jaurès
Faut-il aussi castrer les Romains ? La réponse des traités médicaux latins

11h. Gwenaël Murphy, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Nouméa
Pourquoi castrer l’engagé Rassendren ? Autopsie d’un crime rare en situation coloniale (Nouvelle-Calédonie, 1906)

11h40. Loup Belliard, doctorante en littérature, Université Grenoble Alpes
À rebours du genre : personnages masculins sans sexualité dans la littérature française du XIXe siècle

12h20 Déjeuner

Chirurgies, médecine

 14h. Elodie Serna, docteure en Histoire contemporaine
Du stigmate de la castration vers la libre stérilisation

14h40. Hervé Guillemain, professeur d’histoire contemporaine, Le Mans Université
La castration thérapeutique des schizophrènes

16h20. Pause

16h35. Laurence Hérault, professeure d’anthropologie, Aix-Marseille Université
Vous avez dit castration ?  Discours médicaux sur les chirurgies génitales transféminines

17h15. Paul Rivest, doctorant en anthropologie, Aix-Marseille Université
Retourner le scalpel : d’une stérilisation imposée par l’État à l’exercice d’un libre choix ? Usages et discours sur les opérations génitales transmasculines internes

18h. Cie A la tombée des nues
Lectures théâtralisées de textes autour de la castration

Vendredi 18 novembre 2022

 9h45. Accueil

Représentations

10h. Georges Jablonski-Sidéris, Maître de conférences en histoire médiévale, Sorbonne-Université
Redéfinir les frontières et les liminalités : Castrations humaines et animales au prisme de l’anthropologie historique à Rome et à Byzance IIe-IVe siècles

10h40. Jérôme Laubner, doctorant en littérature, Université de Bâle (Suisse) et Sorbonne Université
La figure renaissante du « chastrez » à l’aune des normes de genre et de l’histoire des corps (16e siècle)

Pouvoirs

11h20. Patrick Romuald Jie Jie, docteur en histoire contemporaine, Université de Bertoua (Cameroun)
La condition du « Dogaris » ou esclave castrat dans la société peule du lamidat de Rey-Bouba au Nord-Cameroun (XIX-XXe siècle)

12h Déjeuner

14h. Hugo Fresnel, doctorant en histoire médiévale, Université de Caen Normandie
L’usage politique de la castration dans le monde anglo-normand (1066-1154)

14h40. Ami Nagai, doctorante en histoire contemporaine, Aix-Marseille Université
La criminalisation de la castration, France, 19e siècle

15h20. Pause

15h35. Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique, Université du Québec à Montréal
La rhétorique antiféministe de la « féministe castratrice »

16h15. Pour ne pas conclure…

Comité d’organisation

Virginie Forçard, Nahema Hanafi, Yseult Martinez

Comité scientifique

Jean-Christophe Abramovici, Francesca Arena, Anne Carol, Hervé Guillemain, Nahema Hanafi, Cynthia Kraus, Rafael Mandressi, David Niget, Elodie Serna

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