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Les dernières publications de nos chercheur.e.s.

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Emmanuel Johans

Les Armagnacs et le Rouergue: L’ascension d’une dynastie princière 1274-1418

Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, les comtes d'Armagnac sont de puissants seigneurs gascons. Par mariage, ils acquièrent en 1304 le comté de Rodez qui est un ensemble territorial équivalent. Cette extension crée une principauté à la fois gasconne et rouergate, à laquelle on peut ajouter les terres de la branche cadette de Fézensaguet dans le sud du Rouergue (vicomté de Creissels) et les Cévennes méridionales (baronnie de Roquefeuil-Meyrueis). Les Armagnacs reprennent le cadre administratif et les réseaux féodaux déjà solides, établis par les comtes ruthénois. Les nouveaux comtes d'Armagnac et de Rodez parviennent à renforcer leurs liens avec leurs vassaux rouergats et à développer un gouvernement qui prend une forme étatique à la fin du XIVe et qui se perpétuera jusqu'à la fin du XVe. L'ouvrage retrace l'histoire de ces princes fastueux tant impliqués dans les soubresauts de la Guerre de Cent ans, ainsi que la géographie des châtellenies comtales et des grands fiefs du Rouergue.

Hadrien Viraben

Le savant et le profane. Documents et monuments de l’impressionnisme (1900-1939)

Pour l'historien, le monument est un objet d'étude et le document un moyen d'investigation. Entre 1900 et 1939, la glorification de l'impressionnisme par l'histoire s'est ainsi appuyée sur un socle constitué d'archives, de lettres, de photographies, de films, mais aussi d'objets souvenirs, d'immeubles ou encore de sites naturels. Dès lors, la production passée des peintres s'est trouvée prolongée dans une fabrication documentaire au présent, par laquelle ces documents ont acquis une visibilité propre, en étant montrés, représentés, illustrés et exposés, voire créés. Ce livre se propose d'esquisser une généalogie des stratégies et des dispositifs documentaires, afin d'éclairer, dans ses multiples facettes, une créativité ordinaire de l'histoire et de ses agents, à l'endroit même où s'affirme autant leur statut d'auteur que leur autorité.

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Florent Quellier (dir.)

Histoire de l'alimentation. De la préhistoire à nos jours

Manger. Rien de plus trivial et de plus complexe à la fois. Se nourrir est un besoin physiologique vital, mais aussi un savoir et un apprentissage, autrement dit une culture : l’Homme a pensé les mets et rêvé de satiété, écrit sur l’alimentation, élaboré des savoirs diététiques et prescrit des régimes, construit des gastronomies, codifié de bonnes manières de table et jugé l’alimentation de l’Autre… Du Moyen-Orient au monde occidental, ce voyage illustré dans les fourneaux de l’histoire nous invite à comprendre comment s’élaborent, se transmettent et se modifient les cultures alimentaires des hommes et des femmes d’hier et d’aujourd’hui. Il dessine une histoire vivante faite de repas ordinaires ou festifs de puissants et d’anonymes, de goûts et de dégoûts, de produits et d’imaginaires, de recettes de cuisine et de mythologies de table. Et si le fait culinaire définissait l’humanité dans ce qu’elle a de plus intime et de plus public ?

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Ghislain Baury (éd.)

Thérèse de Carthagène : Bosquet des malades. Admiration des œuvres de Dieu. Paroles et silence d'une femme dans la Castille du XVe siècle

Cet ouvrage présente la première traduction critique en français des deux traités composés par Thérèse de Carthagène à la fin du XVe siècle, le Bosquet des malades et l’Admiration des œuvres de Dieu. Ce sont les plus anciens textes conservés écrits en vernaculaire castillan par une main féminine. Leur contenu frappe par son originalité : le premier est un traité consolatoire dans lequel l’auteure, devenue sourde, valorise la maladie et le handicap ; le second, une œuvre de polémique littéraire dans lequel elle défend son auteurité en tant que femme. Célèbres et bien étudiés depuis les années 1970 dans les sphères académiques hispanophone et anglophone, ils demeurent méconnus dans le monde francophone. Ils sont accompagnés par une introduction qui synthétise la bibliographie foisonnante et apporte quelques éléments de contexte supplémentaires issus de l’examen du seul manuscrit conservé.

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Tristan Martine, Jessika Nowak et Jens Schneider (éd.)

Espaces ecclésiastiques et seigneuries laïques (IXe-XIIIe siècle)

De la fin du IXe au XIIIe siècle a lieu en Occident un processus de séparation des pouvoirs aristocratiques laïques et ecclésiastiques, en lien avec la réforme grégorienne, tandis que l'on assiste également à un phénomène de spatialisation, puis de territorialisation, du pouvoir. Si ces thématiques sont au cœur de nombreuses recherches actuelles, les chercheurs francophones et germanophones les comprennent très différemment. Ainsi, à l’inverse des Français, les Allemands ne se sont quasiment pas, après 1945, intéressés aux problèmes spatiaux : le terme allemand Territorialisierung, qui recouvre l’idée que le pouvoir des aristocrates ait pu être fondé sur un principe territorial et reposer sur des espaces aux frontières plus ou moins bien définies, n’est utilisé que pour décrire des phénomènes à partir de la fin du XIIe siècle. Ce volume réunit donc les textes de jeunes chercheurs et chercheuses issus des deux rives du Rhin afin de comparer ces approches à partir de l’étude de l’élaboration de nouveaux modèles de domination spatiale dans les royaumes de France et de Germanie. Ils s’intéressent de manière concrète à l’intrication des espaces laïques et ecclésiastiques, aux formes et aux enjeux des zones d’interface entre ces deux mondes, aux conflits et aux interactions résultant de leurs délimitations. Cela doit permettre de dépasser les traditions historiographiques nationales pour susciter de nouvelles approches comparatistes et ainsi créer les conditions d’un dialogue renouvelé.

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Jean-François Klein

Pennequin, "Le sorcier de la pacification". Indochine-Madagascar 1849-1916

Pennequin: ce nom ne résonne plus guère aujourd'hui si ce n'est pour les quelques spécialistes de l'Indochine et de Madagascar ou d'histoire militaire. Comment cet officier, qui opéra sa vie durant entre ces théâtres d'opération, comptabilisant plus de trente-six annuités de campagne outre-mer, ce qui fit de lui un des plus « coloniaux » de son arme, a-t-il disparu des livres d'Histoire ? Penseur de la « pacification » au Tonkin comme à Madagascar, Théophile Pennequin fut aussi un des premiers grands coloniaux « indigénophiles » à prendre la mesure des contradictions internes à une gestion coloniale bien peu respectueuse des dominés, à douter de la politique qu'il contribuait à faire appliquer en Indochine comme à Madagascar et, surtout, à pressentir son obsolescence, tout au moins dans la forme qu'elle prenait. C'est précisément cette tension qui intéresse Jean-François Klein, et les multiples enjeux qui se cristallisent autour de cette figure oubliée du moment colonial.

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Christine Bard avec Jean-Marie Durand

Mon genre d'histoire

« Du côté des femmes, de leur histoire » : depuis ses premiers travaux de recherche à la fin des années 1980, Christine Bard a embrassé une cause, tout autant professionnelle et intellectuelle que personnelle. Historienne du féminisme, de l’antiféminisme et du genre, elle évoque ici ce qui l’a guidée et animée dans son parcours et éclaire les débats vifs qui traversent la société depuis le mouvement #MeToo au regard d’une longue histoire, souvent méconnue. Défendant une vision du travail scientifique articulé à un engagement militant, elle nous rappelle combien l’histoire des femmes est collective et faite d’innombrables singularités. En mêlant sa voix, sincère et énergique, à celles qui la précèdent et l’accompagnent aujourd’hui, Christine Bard fait magistralement résonner la cause des femmes dans notre histoire sociale et culturelle.

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Yves Denéchère et Violaine Tisseau (dir.)

Enfances (dé)colonisées

Ce dossier regroupe cinq textes qui entendent mettre en évidence la diversité des situations, mais qui mettent aussi en avant des similitudes fortes entre les contextes. Les colonisations britannique, belge et française peuvent ainsi être mises en regard à la fois sur des terrains africains et asiatiques et à des moments différents. Quoi de commun ou de dissemblable dans la prise en charge des enfances entre le Haut-Katanga au temps du Congo belge, le Cameroun sous mandat français, le Cambodge au tournant de l’indépendance, le Ghana dans l’entre-deux-guerres et enfin l’Algérie pendant la guerre d’indépendance ? C’est ce qu’explore le présent dossier en portant attention à la confrontation des réalités coloniales/postcoloniales avec les modèles, les formes et les modalités de prises en charge de ces enfants.

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D'un regnum à l'autre. La Lotharingie, un espace de l'entre-deux ?
Tristan Martine et Jessika Nowak (dir.)

D'un regnum à l'autre. La Lotharingie, un espace de l'entre-deux ?

Ancien cœur de l'empire carolingien, la Lotharingie devint, du IXe au XIIe siècle, la marge du royaume de France ou de l'Empire germanique, qui se sont longtemps disputé cette région frontalière. Les études de ce volume sont consacrées au sud de l’espace lotharingien et principalement à ce qui allait ensuite devenir la Lorraine. Elles s’intéressent à des problématiques très diverses, des figures royales aux relations féodales, en passant par la question des papes et des évêques, ainsi que par une étude des sources à notre disposition pour étudier les particularités de cette partie septentrionale de l’ancienne Francia Media. Si la Lotharingie est un espace de l’« entre-deux », notamment d’un point de vue politique ou linguistique, elle l’est aussi historiographiquement. Ce large panorama a ainsi pour objectif de dresser un bilan des recherches les plus récentes et de favoriser le dialogue entre les chercheurs issus des deux rives du Rhin, en comparant systématiquement les perspectives des historiographies francophone et germanophone.

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Renaud Bouchet, Hélène Lecossois, Delphine Letort, Stéphane Tison

Résurgences conflictuelles. Le travail de mémoire entre arts et Histoire

Les sociétés contemporaines sont travaillées par deux tentations : l'excès de mémoire et la nécessité de l'oubli. Les résurgences conflictuelles du passé attestent ainsi des failles dans le récit dominant d'une Histoire qui ne satisfait pas l'individu ou le groupe. Cet ouvrage collectif aborde les conflits de mémoire en croisant les champs d'observation de nombreuses disciplines (histoire, histoire de l'art, littérature, études visuelles, théâtrales, sciences politiques, etc.) sur des aires géographiques et culturelles variées. Les travaux menés s'intéressent aux discours et pratiques mémoriels véhiculés par les arts et par les institutions (musées, célébrations publiques). La majorité des thèmes abordés concerne les conflits de mémoire autour de certains événements du second Vingtième siècle et explore les formes les plus contemporaines, encore peu étudiées, d'expression mémorielle. Ainsi est analysé le travail de mémoire, entre construction de l'oubli, tropisme résilient et élaboration symbolique des traumatismes qui agissent au cœur de la construction d'un espace politique et d'une diversité de pratiques artistiques.

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