Colloque organisé par Céline Borello (Le Mans Université – TEMOS), Hubert Bost (EPHE-PSL – LEM) et Paul Vo-Ha (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne/IUF – IHMC).

Colloque organisé par Céline Borello (Le Mans Université – TEMOS), Hubert Bost (EPHE-PSL – LEM) et Paul Vo-Ha (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne/IUF – IHMC).

Au sein de la recherche francophone, les développements de l’histoire sociale des masculinités sont encore largement centrés sur les XIXe et XXe siècles, ne permettant pas d’inscrire les phénomènes actuels dans une généalogie plus longue. Ce colloque entend faire dialoguer les recherches récentes sur les masculinités du XVe au XVIIIe siècle, afin de sortir d’une vision encore quelque peu monolithique et finalement essentialiste de « la virilité moderne ». Une dimension comparative, à l’échelle européenne, invite à mesurer la circulation et la confrontation des normes viriles et des modèles de masculinité en vigueur, ainsi que les effets de l’expansion occidentale sur ces dynamiques. La démarche, intrinsèquement pluridisciplinaire, croise les regards de l’histoire, des études de genre, de l’histoire l’art et de la littérature, en s’appropriant des concepts issus des sciences sociales.


9h : Hélène Vu Thanh (université de Bretagne-Sud/TEMOS) : introduction
9h30 : Maxime Boyko (Sorbonne Université/Université de Neuchâtel) : Les intermédiaires locaux dans les premières entreprises coloniales françaises : entre compagnies de commerce et administration royale sous Henri IV et Richelieu (1600-1642)
10h10 : Juliette Françoise (université de Genève/université Paris I Panthéon Sorbonne) : Sarrafs, directeurs et entrepreneurs des ateliers monétaires et courtiers : les go-between entre la Compagnie française des Indes orientales et le système monétaire indien, 1739-1769
Pause de 10h50-11h05
11h05 : Julie Marquet (université du Littoral/Côte d’Opale) : Le naynard de Pondichéry : un intermédiaire colonial ?
11h45 : Edouard Coquet (Sorbonne université) : Séminaristes et prêtres autochtones dans les missions Pères blancs d’Afrique de l’Est britannique : une sortie difficile de la subalternité
13h30 : Elfie Guyau (université Paris Nanterre) : De l’ayllu à la paroisse : le rôle des caciques et principales dans la christianisation des sociétés indigènes de l’archevêché de la Plata (Charcas), XVIIe-XVIIIe siècles
14h10 : Claire Tran Thi Liên (Université Paris Cité) : Nguyễn Văn Năng (1861-1943), lettré de résidence : Histoire d’une ascension sociale d’un catholique vietnamien en contexte colonial
Pause de 14h40 à 15h05
15h05 : Barbara Baudry (Responsable des archives jésuites de France) : Les missions jésuites françaises en Afrique Subsaharienne (1946-1960/76) : Quels intermédiaires locaux, quelles places et quelles sources ?
15h45 : Pierre-Emmanuel Roux (université Paris Cité/EFEO) : Des passeurs pour une « religion de contrebande » : Les intermédiaires locaux de la Société des Missions Étrangères de Paris en Asie de l’Est dans la première moitié du XIXe siècle
16h30 : discussion générale animée par Jean-François Klein (UBS/AMSCC)
17h : fin de la journée d’étude
Université de Bretagne-Sud, bâtiment du Paquebot, amphithéâtre « Cheval Marin »
Cette rencontre vise à recouper les sources possibles pour faire l’histoire des violences sexuelles dans l’Église catholique, en Europe et dans les Empires coloniaux, pendant un long âge moderne. L’ambition commune est de faire l’histoire du traitement des violences sexuelles commises par des clercs, entre justice et médiation, mais aussi celle des rapports de domination dans l’Église, afin d’éclairer leur perpétration et leur reconduction sur des siècles.
L’époque considérée dans ce but est un long âge tridentin, qui va du milieu du XVIe siècle, temps de relance forte de l’autorité sacerdotale, au XIXe siècle, temps d’effondrement du droit canon et des tribunaux ecclésiastiques, d’anticléricalisme, mais aussi de renouveau missionnaire et pédagogique pour l’Église dans les Empires coloniaux. Les territoires considérés, sans exclusivité, sont la France et son Empire, les États italiens, l’Espagne, le Portugal et leurs extensions impériales.
Les sessions soulignent quatre directions importantes des recherches actuelles :
La première session tourne autour d’une documentation largement produite par l’Église, dans un langage spécifique qui fait écran à la violence au profit d’autres qualifications, notamment « abus » et « sodomie ». Les instances séculières produisent d’autres biais, en rivalité avec l’Église. Les deux sessions suivantes adoptent une approche relationnelle. Les regards de la famille, des proches et du voisinage tiennent une place fondamentale dans la reconnaissance limitée des violences sexuelles, leur éventuel signalement à une autorité, mais aussi leur occultation dans des pratiques de médiation. La troisième session tourne autour de la domination de genre et d’âge impliquée par l’autorité sacerdotale, qui crée les conditions de possibilité des violences. Enfin, la quatrième session vise à souligner la nécessité de développer les recherches dans les Empires coloniaux, en particulier l’Empire français, en proposant comme point de départ les Empires ibériques.

Organisation : Marie Lezowski
Université d’Angers, Laboratoire TEMOS – Institut Universitaire de France
La participation en distanciel est possible, en écrivant une semaine à l’avance à marie.lezowski@univ-angers.fr
Le CER Histoire et le Centre Norbert Elias, en collaboration avec le laboratoire TEMOS, et l’Université d’Angers organisent un colloque international proposant une réflexion sur la place du végétal dans les cimetières en Europe occidentale à l’époque contemporaine, dans ses dimensions culturelles et environnementales, à la croisée de l’histoire, de la géographie, de l’anthropologie et de l’urbanisme.
Chaque année, à l’occasion de la Toussaint, 30 millions de chrysanthèmes sont vendus en France. Ce chiffre illustre l’importance du végétal dans les cimetières et les pratiques funéraires à l’époque contemporaine, notamment avec l’essor des cimetières paysagers au début du XIXe siècle, tels que celui du Père Lachaise. Parallèlement, le développement des concessions familiales a favorisé la généralisation du fleurissement de tombes, que ce soit avec des jardinières, des fleurs coupées ou bien des couronnes de fleurs. Cette histoire des plantes dans les cimetières invite à discerner les déclinaisons de ces usages dans des contextes variés, en l’intégrant plus largement dans celle du végétal en ville, du monde rural, ou bien dans les empires coloniaux s’inspirant des modèles métropolitains d’utilisation du végétal dans l’espace urbain. Ces contextes mettent en lumière les enjeux culturels ou environnementaux liés aux usages, aux représentations, aux circulations ou à l’acclimatation d’espèces végétales, récemment mis en évidence par les chercheurs et les chercheuses.
L’objectif de ce colloque est d’évaluer dans quelle mesure ces pratiques culturelles se déclinent selon les milieux, et en quoi elles influencent l’environnement proche ou lointain des lieux de sépulture, à travers le développement d’un marché particulier. Comment ces pratiques transforment-elles l’espace et les milieux à court ou à long terme ? Dans quelle mesure diffèrent-elles selon le genre, l’âge, le milieu social ? En quoi les usages du végétal dans les sites funéraires modifient-ils les significations, les imaginaires et les pratiques liés aux plantes, aux cimetières ? Il s’agit ainsi d’analyser la place du végétal dans les cimetières occidentaux, du XIXe au XXIe siècle, y compris en contexte colonial ou post-colonial, sous l’angle d’une histoire attentive aux représentations et aux pratiques funéraires associées aux plantes. Les plantes sont comprises en tant qu’organismes vivants, impliquant des enjeux environnementaux liés à leurs utilisations et à leurs implantations diverses dans les lieux de sépulture, ainsi que comme objets artificiels ornant les sépultures.
Consulter le programme du colloque sur le site d’Avignon Université
Organisation: Bruno Bertherat (Avignon Université, CNE UMR 8562) ; Louise Couëffé (Avignon Université, CNE UMR 8562) ; Margot Garcin (Avignon Université, Aix-Marseille Université, TELEMMe UMR 7303) ; Cristiana Oghina-Pavie (Université d’Angers, TEMOS UMR 9016).
Pour désigner le phénomène suscité par la confession du salut en Jésus-Christ, le vocable de christianisme (Χριστιανισμός) est forgé dès le début du IIe s. par Ignace d’Antioche et passe assez vite en latin. Au contraire, le mot de christianitas n’apparaît quant à lui que vers le milieu du IVe s. et ne comporte pas d’équivalent évident en grec.
Pourquoi ne naît-il qu’alors ? De quoi est-il donc le nom ? Son apparition tardo-antique nous autorise-t-elle l’utiliser avant que le moyen-Âge ne tende à lui conférer un C majuscule ? A quelles fins ? Son emploi nous expose-t-il au risque d’anachronisme ? Quel type de relation entretient-il avec d’autres expressions contemporaines, fameuses mais ambivalentes, telle celle des christiana tempora ? Le mot de christianitas est-il solidaire d’une certaine interprétation du tournant constantinien ? Entretient-il une relation particulière avec un reste de vision triomphaliste associée au christianisme théodosien ? Ou pour commencer par le commencement, que nous enseigne l’étude de ses origines ? Ce sont toutes ces questions qu’examinera notre colloque. il s’agira ainsi de contribuer à clarifier le recours à une notion qui, on le sait, interroge fortement notre temps.
The discussion of transatlantic science collecting practices and scientific exchanges is at the core of this project. It aims to share new knowledge and discoveries on how historical knowledge is constructed and reproduced in museum collections.
The EU-funded project Scientific Collections on the Move: Provincial Museums, Archives, and Collecting Practices (1850–1950) offers a less hierarchical and more entangled history of palaeontological, anthropological, botanical, and applied sciences collections in Europe and Latin America and tackles the issue of museum objects provenance.
SciCoMove organise its final conference at Le Mans, on February 10 to 12.
Jean de Tolède, un des membres les plus influents du collège des cardinaux entre 1244, date de son accession au cardinalat et 1275, date de sa mort, reste un personnage encore mal connu malgré sa notoriété et son influence au XIIIe siècle. Le lien récemment établi avec Jean, premier abbé de l’Épau, auquel on peut l’identifier, révèle à la fois la richesse du parcours du personnage et l’intérêt qu’il peut y avoir à s’intéresser de près à cette figure et à son parcours, ainsi qu’au milieu intellectuel et politique au sein duquel elle évolue. Anglais de naissance, il suivit un cursus universitaire qui le mena jusqu’à la dignité de docteur en théologie, sans que sa présence ne soit pour l’instant attestée à Oxford ou à Paris. Médecin reconnu, arabisant et hébraïsant, alchimiste et astrologue, il avait peut-être acquis son savoir auprès des ouvrages spécialisés arabes conservés en nombre dans les bibliothèques de la ville de Tolède, ce qui expliquerait l’origine de son surnom, même si les circonstances de son éventuel séjour ne sont pas connues. Moine cistercien, il passa par l’abbaye de Clairvaux avant d’être élu vers 1230 premier abbé de l’Épau, la fondation mancelle de la reine douairière d’Angleterre, Bérengère de Navarre. Il déploya à partir de ce moment une importante activité au sein du chapitre général de Cîteaux, ce qui le conduisit à échanger avec la Curie romaine, puis à être appelé en Italie en 1241 pour participer au concile. Promu à la pourpre cardinalice par Innocent IV en 1244, il fut à la fois un fervent défenseur de l’ordre cistercien, gagnant le surnom de « cardinal blanc », et de l’Église anglaise. Ce parcours interroge les mécanismes permettant une telle ascension et ce basculement du monde des réguliers vers les hautes sphères ecclésiastiques au XIIIe siècle. Cette rencontre vise donc à éclairer la trajectoire qui le conduisit de sa naissance en Angleterre au rôle important qu’il joua à la Curie pendant plus de trente ans, à un moment crucial de l’évolution politique et intellectuelle de l’Occident médiéval.
Les contributions examineront donc les milieux et les institutions traversées par Jean de Tolède, afin de comprendre les liens qu’ils pouvaient entretenir. Elles pourront notamment traiter :
– Le lien entre les Universités, et en particulier les études en théologie, le monde monastique et les hautes sphères ecclésiastiques de la première moitié du XIIIe siècle. Dans quelle mesure les ordres monastiques poussaient-ils leurs membres vers ce sommet des études ? Quels bénéfices la présence de théologiens offrait-elle à la Curie romaine ?
– Le rôle du savoir scientifique, et notamment de la médecine, dans la promotion au sein des ordres réguliers et du haut clergé.
– Le fonctionnement du Chapitre Général cistercien et les mécanismes du choix de ses intermédiaires pour échanger avec Rome.
– Le rôle de « protecteur de l’ordre cistercien » au sein du collège cardinalice : existait-il des lobbies des ordres réguliers dans la Curie ?
– Le rôle de défenseur de l’Église d’Angleterre dans la même institution : en quoi les origines géographiques déterminaient-elles le positionnement politique des cardinaux ?
Les propositions de communications, de 1500 à 2000 signes, espaces compris, sont attendues pour le 3 février 2025. Elles seront envoyées à l’adresse colloquejeandetolede@univ-lemans.fr.
Le colloque donnera lieu à un volume collectif dont les textes seront attendus pour le printemps 2026.
Langues de travail : français, anglais
Télécharger ici l’appel à communication en français ou en anglais.
COMITÉ D’ORGANISATION :
Aurélie Hess (ingénieure d’études, CNRS, TEMOS) et Christophe Schuwey (maître de conférences, UBS,HCTI)
Si l’importance du numérique pour la recherche en humanités ne semble plus faire débat aujourd’hui, les tensions que suscitent la rencontre des deux domaines sont loin d’être résolues. Le traitement numérique des objets d’étude — qu’il s’agisse d’un seul objet ou d’une archive de milliers de documents — a longtemps impliqué de les réduire à un modèle nécessairement simplificateur. Comme le souligne Johanna Drucker, une telle opération entre en contradiction avec la traduction interprétative des humanités, pour lesquelles cette simplification tend à nier la complexité, la polysémie et les différentes facettes de l’objet d’étude.
Organisée par les laboratoires HCTI, TEMOS et Lab-STICC, conjointement avec le Centre AISSAI du CNRS, dans le cadre de son trimestre thématique « Digital Humanities and Artificial Intelligence », qui permet l’accueil de Leonardo Impett au Lab-STICC, cette journée d’étude s’intéresse à la façon dont les avancées technologiques de ces dernières années et l’évolution du dialogue entre les humanités et l’informatique permettent de dépasser cette opposition. Le développement du deep learning et les capacités multiparamétriques des réseaux neuronaux, la créativité du champ de l’infographie et de la visualisation des données et, enfin, le recul dont disposent aujourd’hui les humanités numériques sur leurs propres apories sont autant de pistes pour penser le rôle de l’informatique dans la recherche en humanités et, en retour, pour que les humanités participent au développement du monde numérique.
Cette journée propose de réunir des spécialistes des deux champs (humanités et IA) autour de deux objets qui permettront de réfléchir concrètement à ces évolutions. Il s’agira notamment :
— De prendre la mesure de ce que les nouveaux modèles de traitement des données permettent en termes de gestion des objets et d’analyses de données complexes.
— De réfléchir à la notion même de données, et à ce que la notion fait aux objets des humanités.
— De repenser les processus de recherche à partir de ces nouveaux outils.
— De favoriser le dialogue mutuel : l’intelligence artificielle comme objet des SHS, mais aussi, les SHS comme objets de l’intelligence artificielle, en soulignant ce que les humanités peuvent apporter au numérique en termes de modélisation et de traitement des données.
Sylviane Llinares a effectué la totalité de sa carrière à l’Université Bretagne Sud. Collègue chaleureuse et énergique, douée d’un sens aigu du collectif, elle s’est engagée avec passion dans son métier d’enseignante-chercheuse ainsi que dans la défense de l’enseignement universitaire. Sylviane a joué un rôle déterminant dans la création de l’UMR TEMOS et a été directrice du GIS d’Histoire & Sciences de la mer, devenu un réseau de recherche interdisciplinaire de référence dans la communauté maritime. Investie localement pour porter haut les couleurs de l’histoire maritime à l’échelle du département d’Histoire, de la faculté des Lettres et de l’UBS, elle a bénéficié très vite d’une reconnaissance scientifique nationale et internationale grâce à son dynamisme et son fort investissement dans le projet européen Asia Link et dans le réseau Gobernanza de los puertos
atlanticos. Maritimiste et fière de l’être, Sylviane Llinares a développé des thématiques fortes autour des sciences et techniques navales, de la diffusion des savoirs, des politiques maritimes, et des ports. Elle a cofondé et codirigé l’axe 2 de Temos «Ressources biologiques et construction des savoirs : circulations et usages ».
Le colloque organisé par le laboratoire TEMOS et l’Université Bretagne-sud, du 18 au 20 septembre 2024, a pour but de lui rendre un hommage officiel et de réunir toutes celles et tous ceux qui l’ont connue et ont pu apprécier l’humanité de celle qui était une femme de sciences animée par la curiosité et l’ouverture d’esprit.

Consulter le programme du colloque sur le site du GIS Histoire et sciences de la mer.