Séminaire-atelier : « à la recherche des fromages disparus »

Le fromage est apparu en Méditerranée et en Europe au VIème millénaire av. J.-C. Dans un cadre très général de « produit laitier » ou de « conserve de lait », il est possible d’écrire une histoire du lait, du fromage et du beurre directement liée à une histoire universelle ou régionale de l’alimentation et de l’élevage. Mais si l’on pose la question précise de savoir à quoi ressemblaient les fromages de nos ancêtres, que ce soit dans la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen Âge, à l’époque Moderne voire au XIXème siècle, la réponse est plus difficile à apporter car il n’est alors plus possible de raisonner en terme généraliste et abstrait. Il ne faut plus considérer « le fromage » au singulier (comme un ensemble abstrait), mais « les fromages » au pluriel, dans leur unicité, leur pluralité et leurs diversités locales et chronologiques. Toutefois, les fromages, en tant qu’objets du passé ne peuvent être présents dans des musées puisque leur nature organique et leur fonction alimentaire ne permettent
pas leur conservation. Ce sont des objets disparus et avec eux une mémoire qui était souvent orale (celle des bergers, des paysannes). Restent les sources historiques (textes, images) et archéologiques (faisselles en céramique), les témoignages ethnologiques et, parmi ceux-ci, ce qui appartient au domaine du patrimoine technique, à savoir le matériel en céramique, en
bois, en vannerie et en métal qui a servi à la production du fromage dans différentes régions et à différentes époques. A partir de la synthèse de ces sources, peut être proposée une reconstitution des gestes et techniques, de quelques outils disparus de la fromagerie pour une découverte ou une (ré)invention de fromages disparus.

Programme :

Mercredi 8 février, 18h, conférence pour le grand-public :
• Dominique Frère (Université Bretagne Sud), « Archéologie et histoire culturelle du fromage »
Jeudi 9 février, 9h-16h, séminaire-atelier :
• Dominique Frère (Professeur, Université Bretagne Sud), « A la recherche des fromages disparus : le patrimoine technique ».
• Laurent Hugot (Maître de Conférences, Université de La Rochelle), « Archéologie des fromages disparus : le cas des fromages étrusques ».
• Ulysse Bouet (designer), Martha Fély (bergère et artiste), Juliette Tellier (designer),
« La reconstitution de la claie à fromage de Polyphème ».
• Atelier avec les élèves et enseignants du Lycée-agricole de Borgo-Marana.

Pourquoi et comment fait-on un dictionnaire historique?

Autour du Dictionnaire du fouet et de la fessée, d’Isabelle Poutrin et Elisabeth Lusset, PUF, 2022.

Avec les directrices de la publication:
Isabelle Poutrin, historienne, professeure à l’université de Reims Champagne-Ardenne & membre honoraire de l’IUF.
Elisabeth Lusset, historienne, chargée de recherche du CNRS -UMR Lamop, université de Paris 1 Panthéon Sorbonne.
Débats animés par David Niget, Véronique Mehl & Hervé Guillemain, avec la participation des étudiant·es de master

La Réforme grégorienne, une « révolution totale » ?

Tristan Martine présentera le dernier ouvrage collectif La Réforme grégorienne, une « révolution totale » ? qu’il a codirigé avec Jérémy Winandy et qui est paru aux Classiques Garnier en 2021.
Les conséquences de la réforme grégorienne sont comprises de manière très différente par les historiographies francophone et germanophone. Ce volume renouvelle le dialogue en dressant un bilan interdisciplinaire et comparatif des recherches récentes concernant cette période des deux côtés du Rhin.

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Séminaire en visioconférence sur Teams (cliquer ici pour y accéder sur l’application, ou bien directement depuis les navigateurs Google Chrome ou Microsoft Edge ).

Séminaire « L’oiseau entre savoirs, pouvoirs et religions? »

William Pillot, L’hirondelle et l’homme, entre pouvoir et religion : du « silence des mythes » au « printemps silencieux ».

Oiseau sauvage nichant dans les habitations des hommes, l’hirondelle constitue, tant par son retour de migration saisonnière que par son ancrage symbolique, un marqueur culturel inscrit aux cœurs des sociétés humaines qu’elle côtoie depuis des millénaires. Sa disparition rapide et progressive de nos campagnes constitue de nos jours l’un des symptômes les plus symboliquement frappants de l’avènement du « printemps silencieux » (R. Carson) à l’ère de l’Anthropocène, et invite à étudier le rapport complexe que les hommes ont noué, entre pouvoir et religion, avec cette « espèce compagne », rapport dont les mythes et les traditions populaires d’Europe et d’Asie conservent un souvenir aussi riche que complexe. D’Aristote à saint Jean Chrysostome, de la mythologie grecque à la « pensée sauvage du christianisme » (M. Albert-Llorca), des Fables d’Ésope aux traditions chamaniques sibériennes, la mythique Proknè se loge au cœur des traditions populaires eurasiatiques.

Contrepoint:
Nathalie Richard, Jules Michelet, L’oiseau, Hachette, 1856.
Cristiana Oghina-Pavie, Vinciane Despret, Habiter en oiseau, Actes Sud (Mondes Sauvages), 2019.

Le 9 juin à 14h (à distance: cliquer ici pour accéder à la visioconférence)

Produire, échanger, stocker, cuisiner, consommer

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es ».

Ce célèbre aphorisme de Jean Anthelme Brillat-Savarin peut s’appliquer à toutes les sociétés et toutes les périodes, y compris les plus anciennes. L’alimentation laisse des témoignages matériels nombreux comme des restes animaux qui sont étudiés par les archéozoologues, les restes végétaux que l’on confie à des archéobotanistes, des céramiques de cuisine, de stockage, de transport et de la vaisselle de table qui sont la spécialité des céramologues et qui peuvent faire l’objet d’analyses biochimiques de leurs contenus. Le séminaire de Vannes, organisé par le laboratoire TEMOS, l’Université Bretagne Sud, le musée d’histoire et d’archéologie de Vannes et la Société Polymathique, présentera les résultats de fouilles et d’études archéologiques récentes ayant trait à l’histoire et l’archéologie de l’alimentation en Bretagne de l’époque gauloise jusqu’à la Révolution française.

Consulter le programme complet

Webinaire CHRS – Angers : Diffuser la recherche historique auprès de publics élargis

Le Laboratoire TEMOS de l’Université d’Angers, en partenariat avec le Centre d’histoire des régulations sociales, propose une conférence France-Québec intitulée « Diffuser la recherche historique auprès de publics élargis ».

Quatre œuvres seront présentées et commentées, pour finir avec une plénière sur les avantages et les écueils de la diffusion élargie des résultats de la recherche savante en histoire.

Œuvres présentées et commentées
                      
La Websérie Mauvaises Filles
https://mauvaises-filles.fr/#Mode_paysage  
Présentée par David Niget (U. Angers)
Commentée par Pierre-Vincent Morvant (U. Ottawa)
La bande dessinée Vous avez détruit la beauté du monde 
https://www.moellegraphique.com/Livres/Livre.html?978-2-923701-67-7  
Présentée par Isabelle Perreault (U. Ottawa et CHRS)
Commentée par Valentin Taveau (U. Angers)
La « Comme les rayons différés d’une étoile » : photos d’Eurasiennes « rapatriées » en France (1947-2020)
https://musea.fr/exhibits/show/—comme-les-rayons-diff–r–s/notice-de-pr–sentation  
Présentée par Yves Denéchère (U. Angers)
Commentée par Sonia Blouin (U. Sherbrooke et CHRS)
L’exposition Déjouer la fatalité
https://chrs.uqam.ca/index.php/2020/06/15/7301/  
Présentée par Caroline Robert (UQAM)
Commentée par Margaux Roberti-Lindermans (U. catholique de Louvain, TEMOS)

L’événement se tiendra sur Zoom le 16 mars 2022 à 9 h (Québec) / 15 h (France).

Pour s’inscrire, envoyer un courriel à petit.kim@uqam.ca

Le Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), fondé en 1990, est une équipe pluridisciplinaire de chercheurs et de chercheures issus de l’histoire, de la criminologie et de la sociologie. Les membres réguliers sont des professeurs et professeures rattachés à neuf établissements de cycles supérieurs. Le CHRS peut également compter sur la contribution active de six membres affiliés ainsi que de nombreux étudiants et étudiantes aux cycles supérieurs.

Grâce au financement du Fonds de recherche sur la société et la culture du Québec, le CHRS documente et interroge l’histoire des problèmes sociaux (crime, pauvreté, folie, déviance, etc.) au Québec sous l’angle des régulations sociales. En quelques mots, cette approche tente de saisir les processus de transformation historique en accordant une place privilégiée à l’étude des cadres normatifs qui structurent la vie sociale, à commencer par l’État, les institutions et le droit. En ce sens, les régulations sociales se constituent sur le territoire du conflit social, et participent d’une dynamique d’imposition et de contestation de l’ordre social par laquelle se produit le changement historique.

Des conversions invisibilisées: recherche sur la Tolerantia de Dirck Volckertsz Coornhert (1550)

Comment en vient-on à se convertir, par choix, par ordre, par la décision d’un tiers ? Par quelles contraintes extérieures et par quelles résolutions intimes un individu ou un groupe change-t-il de croyance, de confession, mais également de relations avec les autres, d’action dans le monde ? L’enquête des historien-ne-s sur les conversions, menée par écrits interposés, suppose une réflexion de fond sur les sources à disposition, sur les interactions entre normes et pratiques et sur la part des hypothèses et des engagements subjectifs dans leurs reconstructions.

Ce séminaire de l’axe 3 vise à discuter en commun des recherches du laboratoire TEMOS sur les conversions de soi et des autres, en lien avec la construction des communautés et des discours faisant autorité.

Dans la poursuite de ce thème , le séminaire reçoit le lundi 7 février de 10h30 à 12h30 l’historien moderniste Denis Crouzet (Sorbonne Université), spécialiste des troubles de religion au XVIe siècle, de l’histoire des mentalités et de l’imaginaire, qui proposera l’exploration d’une gravure énigmatique représentant la tolérance au milieu du XVIe siècle :
Des conversions invisibilisées: recherche sur la Tolerantia de Dirck Volckertsz Coornhert (1550)

Au tournant de 1550 débute aux Pays-Bas et en France un temps de conversions, difficiles à identifier car demeurant en situation de retenue, voire de flou sur le plan des dogmes. Pour essayer de comprendre cette relative invisibilité de la différenciation religieuse, les dispositifs répressifs étatiques jouent bien sûr comme freins à la publicisation individuelle ou collective de la foi. Un système de pensée irénique, précédant la cristallisation calviniste, portait aussi à la temporisation. Mais également, avant la « tolérance » religieuse qui eut immédiatement le sens négatif d’un pis-aller, il y eut la tolerantia positive de Dirck Volkeertsz Cornhert : une patience silencieuse rejoignant les idéaux stoïciens de détachement des vicissitudes du monde.

L’un des jalons de l’invention de la « tolérance » moderne réside dans ce christianisme stoïcisé, qui invite chaque chrétien à vivre sa conversion intérieurement, dans l’attente d’un temps béni qui verra les persécutions et les violences cesser. Cette invitation qui est au travail dans le secret des âmes se dit symboliquement.

Cliquer sur ce lien Zoom pour assister à la conférence.

Séminaire de l’axe 3 « Communauté et pluralité » | Jérémie Foa

Le séminaire de l’axe 3 « Communauté et pluralité » reçoit Jérémie Foa (Université Aix-Marseille), le vendredi 10 décembre, 16h-17h30, pour une conférence inaugurale intitulée :
« Comment des voisins en viennent à tuer leurs voisins ? Le massacre de la Saint-Barthélemy (été 1572) en France »

Le séminaire aura lieu en visioconférence avec Teams: cliquer ici pour demander le lien.

Thème 2021-2022: « Conversions »

Comment en vient-on à se convertir, par choix, par ordre, par la décision d’un tiers ? Par quelles contraintes extérieures et par quelles résolutions intimes un individu ou un groupe change-t-il de croyance, de confession, mais également de relations avec les autres, d’action dans le monde ? L’enquête des historien-ne-s sur les conversions, menée par écrits interposés, suppose une réflexion de fond sur les sources à disposition, sur les interactions entre normes et pratiques et sur la part des hypothèses et des engagements subjectifs dans leurs reconstructions.

Ce séminaire de l’axe 3 vise à discuter en commun des recherches du laboratoire TEMOS sur les conversions de soi et de l’autre, en lien avec la construction des communautés et des discours faisant autorité.

Séminaire de l’axe 3 Communauté et pluralité : autorités, violences et coexistences

Thème 2021-2022: « Conversions »

Comment en vient-on à se convertir, par choix, par ordre, par la décision d’un tiers ? Par quelles contraintes extérieures et par quelles résolutions intimes un individu ou un groupe change-t-il de croyance, de confession, mais également de relations avec les autres, d’action dans le monde ? L’enquête des historien-ne-s sur les conversions, menée par écrits interposés, suppose une réflexion de fond sur les sources à disposition, sur les interactions entre normes et pratiques et sur la part des hypothèses et des engagements subjectifs dans leurs reconstructions.

Ce séminaire de l’axe 3 vise à discuter en commun des recherches du laboratoire TEMOS sur les conversions de soi et des autres, en lien avec la construction des communautés et des discours faisant autorité.

Conférence inaugurale

Jérémie Foa (Université Aix-Marseille), « Comment des voisins en viennent à tuer leurs voisins ? Le massacre de la Saint-Barthélemy (été 1572) en France »

Jérémie Foa, Philippe Pochep, Sacrées guerres. De Catherine de Médicis à Henri IV, Paris, La Découverte, 2020.

Conférence de Johann Chapoutot

Johann Chapoutot, Professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne Université, est spécialiste de l’histoire de l’Allemagne aux XIXe et XXe siècles, en particulier de la période nazie.
Parmi ses onze livres, l’on peut signaler sa thèse, Le National-socialisme et l’Antiquité (PUF, 2008), La Loi du sang. Penser et agir en nazi (Gallimard, 2014) et une nouvelle biographie d’Hitler en collaboration avec Christian Ingrao (PUF, 2018).

Le vendredi 9 avril 2021 (14h-16h), Johann Chapoutot nous présentera son dernier livre intitulé Libres d’obéir : le management, du nazisme à aujourd’hui (Gallimard, 2020):

Reinhard Höhn (1904-2000) est l’archétype de l’intellectuel technocrate au service du IIIe Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l’État au profit de la «communauté» définie par la race et son «espace vital». Brillant fonctionnaire de la SS – il termine la guerre comme Oberführer (général) –, il nourrit la réflexion nazie sur l’adaptation des institutions au Grand Reich à venir – quelles structures et quelles réformes? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l’élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l’organisation hiérarchique du travail par définition d’objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l’Est, exterminer les Juifs. Passé les années 1980, d’autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne.

(4e de couverture)

Cliquer ici pour accéder directement à la visioconférence ou contacter Mireille Loirat pour obtenir le lien de connexion.