Prix du livre politique de l’Assemblée nationale du Québec

12 juin 2020 par Administrateur
Yuxi Liu, qui a soutenu en septembre 2019, est lauréate dans la catégorie Thèse de doctorat

Avec sa thèse Les relations transnationales entre le Québec et la Chine populaire (1960-1980) : acteurs, savoirs et représentations Yuxi Liu a retenu l’attention des membres du jury des Prix de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant dans la catégorie Thèse de doctorat.

D’ordinaire remis lors du Salon international du livre de Québec, cette 18e édition des Prix du livre politique de l’Assemblée nationale du Québec a été bouleversée par la crise sanitaire et c’est le vice-président de l’Assemblée nationale, M. Marc Picard, qui a personnellement fait l’annonce du choix des membres du jury aux lauréates et aux finalistes.

Inscrite en cotutelle à l’Université du Québec à Montréal et l’Université d’Angers, Yuxi Liu a écrit sa thèse sous la direction d’Yves Denéchère et de Martin Petitclerc (Centre d’histoire des régulations sociales – CRHS). La soutenance a eu lieu en septembre 2019. En voici le résumé:

Au Québec, l’intérêt pour la Chine populaire a émergé durant la première moitié des années 1960, et s’est développé au cours de la décennie suivante. Animés par des motivations diverses, un certain nombre d’individus et d’institutions se sont donné pour objectif de contribuer à véhiculer une meilleure image de la Chine au sein du peuple canadien et québécois. Ces acteurs se retrouvent au sein de l’université, des syndicats, des groupes maoïstes, des associations d’amitié et des médias. À travers divers prismes politiques, sociaux et culturels, ils ont appréhendé la Chine à leurs manières et développé de nombreuses interactions avec la société chinoise en amont, au-delà et en deçà des relations interétatiques. Ils ont ainsi façonné les représentations de ce pays dans les sphères universitaire, politique et sociale du Québec.

À travers l’étude de l’évolution, de la transmission et de la diffusion des perceptions et des connaissances de la Chine au Québec, cette thèse éclaire la circulation des personnes et des idées, de même que la contribution de la société civile québécoise à la « normalisation » des relations entre la Chine, le Canada et le Québec pendant la période 1960-1980. Cette dimension a été trop négligée par l’historiographie des relations internationales du Québec qui est principalement centrée sur l’action étatique et la politique étrangère. S’appuyant sur un corpus de sources étendu et en bonne partie inédit (en français, anglais et chinois), cette recherche apporte de nouvelles connaissances sur la constitution d’un savoir universitaire sur la Chine au Québec, sur les courants politiques québécois d’extrême-gauche, sur les réseaux transnationaux d’amitié avec la Chine, et, enfin, sur la politique étrangère de l’État québécois.

La thèse sera publiée aux Presses de l’Université de Montréal cet automne.

Bravo à Yuxi Liu pour ce beau résultat, qui souligne aussi la coopération entre le CHRS et TEMOS, et entre l’Université d’Angers et l’Université du Québec à Montréal!