2. Ressources biologiques et construction des savoirs : circulations et usages

Les recherches menées dans l’axe 2 portent sur les savoirs : la manière dont ils sont construits, conservés, renouvelés et mis en pratique par les acteurs. Les ressources biologiques (maritimes et végétales) constituent un champ privilégié d’étude très pluridisciplinaire.

Responsables de l'axe: Sylviane Llinarès, Nathalie Richard, Cristiana Oghina-Pavie

Objet et concepts

D’une part, à l’échelle des connaissances et des représentations des ressources biologiques, il s’agit de confronter savoirs et usages, c’est-à-dire mettre en parallèle les processus d’acquisition des connaissances avec les techniques de transformation et les modes d’exploitation/consommation. D’autre part, à l’échelle des sociétés et de leurs évolutions, l’enjeu est de cerner les diffusions culturelles, les échanges techniques et les circulations économiques que les ressources biologiques génèrent sur la longue durée, de l’antiquité à nos jours. Une attention particulière est portée à la relation qui s’établit entre tradition et innovation, entre continuité et rupture, mobilisant et confrontant des modes de savoirs différents et des acteurs diversifiés. L’implication d’amateurs et de techniciens dans les processus de co-construction des savoirs scientifiques et de valorisation des savoir-faire techniques, professionnels et expérientiels doit nous permettre de mieux comprendre comment se constituent les savoirs et les usages que l’on en fait. La pérennité, l’effacement, ou même l’extinction des savoirs et des pratiques posent la question des formes, des supports et des vecteurs de leur transmission dans le temps.

Deux domaines thématiques sont principalement développés : celui des ressources végétales et celui des ressources marines. Celui lié au végétal permet l’analyse de rapports entre la pratique horticole et les sciences de la vie et examine les interactions entre la botanique, l’agronomie d’une part et la société d’autre part ; celui consacré aux ressources marines et littorales explore les thèmes de l’exploitation soutenable et de la surexploitation, étudie les espaces de conflictualité du partage des ressources et leur surveillance, ainsi que ceux de discordes qui se créent avec la mise en forme des diagnostics, des expertises et leurs traductions politiques. La connaissance, l’inventaire et la transformation des ressources nous amènent à évaluer les formes de synergie existantes entre des enjeux scientifiques, commerciaux et des bases culturelles dans une circulation à grande échelle des matériaux et produits biologiques.

Ces différents objets d’analyse nous conduisent vers la prise en compte des grands défis sociétaux actuels (développement durable, alimentation, santé, bien être, etc.) en apportant la connaissance du temps long à ces questions, celles-ci incluant les dimensions de l’usage des ressources par la redécouverte des pratiques techniques et culturelles anciennes.